
Entretenir une cafetière italienne prend cinq minutes, pas plus. Ces petits pots en aluminium ou en acier inoxydable sont increvables et traversent les décennies sans broncher, à condition de ne pas les négliger. On entend souvent qu’il suffirait de les rincer à l’eau claire une fois de temps en temps : c’est une erreur qui finit toujours par coûter cher. Un pot Moka mal séché ou laissé avec de l’eau stagnante dans la chaudière commence à s’oxyder en quelques semaines, et l’aluminium abîmé se repère tout de suite au goût métallique qu’il donne au café.
Les huiles de café laissent aussi un dépôt après chaque passage. Non nettoyées, elles rancissent et brûlent à la chaleur suivante, et c’est précisément ce résidu qui donne cette amertume âcre qu’on associe à tort à un mauvais café ou une mauvaise mouture.
La première utilisation : culotter sa cafetière
Avant la toute première tasse, on vous conseille de laver l’ensemble des pièces (cuve, filtre, joint, verseuse) à l’eau chaude, sans savon à ce stade.
Faites ensuite un premier café avec des grains ordinaires, quitte à ne pas le boire. Cette première infusion dépose une fine pellicule d’huile qui protège l’aluminium et évite que le métal ne transmette son goût au café des jours suivants, un réflexe que la plupart des vendeurs de cafetières italiennes recommandent d’ailleurs en magasin.
L’entretien courant, après chaque café
Passez systématiquement votre cafetière au savon après usage. Contrairement à une idée reçue assez répandue, les huiles de café qui persistent dans le métal n’améliorent en rien la saveur des tasses suivantes : elles rancissent, tout simplement. L’aluminium étant poreux, il retient ces résidus si on ne les élimine pas, même si une fine couche d’oxyde protège naturellement le métal contre la corrosion.
Un simple liquide vaisselle suffit très largement : inutile de sortir un dégraissant industriel ou un produit concentré, qui risquerait plutôt d’attaquer le métal.
Démontez complètement l’appareil, savonnez chaque pièce et n’oubliez pas le dessous du joint, où le marc et les huiles aiment se loger. Une fois rincé, séchez chaque élément à la main avec un torchon propre : l’eau qui stagne à la surface du métal est justement ce qui déclenche la corrosion à moyen terme.
Le détartrage, pour ceux qui ont une eau dure
Ce point ne concerne que les foyers alimentés en eau dure, riche en calcaire. Le calcaire dépose des carbonates et sulfates de calcium et de magnésium dans l’eau au fil de son passage dans le sol, et ces minéraux finissent par entartrer la chaudière et boucher le bec verseur.
Pour détartrer un pot Moka, le vinaigre blanc reste la meilleure option : il nettoie, désinfecte et dissout le calcaire sans laisser de trace chimique ni d’odeur, contrairement à certains produits du commerce.
Pour les zones accessibles, un simple passage au chiffon imbibé de vinaigre suffit, suivi d’un rinçage à l’eau claire et d’un séchage complet.
Pour le bec verseur et l’intérieur du circuit, préparez un mélange à parts inégales, une dose de vinaigre pour deux d’eau, et lancez une infusion à vide, sans marc de café. Laissez le mélange traverser l’entonnoir puis remonter par le bec jusque dans la partie haute. Répétez l’opération une ou deux fois si l’entartrage est ancien, jusqu’à ce que le circuit soit parfaitement dégagé.
Rattraper une cafetière italienne brûlée
Un café oublié trop longtemps sur le feu, et c’est la poignée qui fond ou le fond du pot qui noircit. Dans ce cas-là aussi, le vinaigre reste votre meilleur allié.
Faites tremper le pot toute une journée dans le même mélange qu’au détartrage (une part de vinaigre pour deux d’eau), puis frottez avec une éponge douce ou un chiffon non abrasif. Évitez tout objet métallique : il rayerait la couche d’oxyde qui protège l’aluminium en surface. Une fois les résidus de brûlé décollés, terminez par une infusion à vide au vinaigre pour rincer l’intérieur du circuit en profondeur.